Cet épisode est consacrée à l’histoire du « rêve mexicain », pour reprendre la formule
réussie de J. M. G. Le Clézio. Il s’agira de comprendre les raisons pour lesquelles dans la
première moitié du XXe siècle le Mexique devient un pôle d’attraction majeur pour les
artistes et écrivains non seulement en Europe, mais aussi en Russie.
La découverte de l’antique civilisation mexicaine, dès 1517, revêt la signification
d’une rencontre primordiale avec l’Autre. Le contact avec les autochtones des Antilles
(1492), premier du point de vue chronologique, n’a pas produit un tel effet d’altérité.
Fascinés par la splendeur des villes, les capacités artistiques et scientifiques des autochtones,
les Espagnols ont été en même temps terrifiés par leurs pratiques de sacrifices massifs. Ainsi,
l’imaginaire mexicain a été dès le début marqué par l’ambivalence : le Mexique est perçu à la
fois comme un pays sauvage, démesuré, brut, sanglant et un pays cultivé, merveilleux,
artistique, spirituel.
Une attention particulière est portée aux protagonistes de l’histoire : le capitaine rebelle
Hernán Cortés, son amante-interprète la Malinche et le dernier empereur aztèque
Montezuma. Il sera aussi question de redécouverte archéologique et philologique du
Mexique au cours du XIXe siècle, ainsi que de l’essor de l’intérêt pour le Mexique dans les
années 1910-1930, dans ses expressions littéraires, notamment chez le poète symboliste
russe Constantin Balmont, chez le romancier anglais D. H. Lawrence, le surréaliste français
Antonin Artaud. Dans un contexte de crise des valeurs occidentales, le Mexique se présente
comme une terre utopique. Les projections politiques et esthétiques se conjuguent avec la
fascination pour le passé autochtone du pays.
Avec ANASTASIA GLADOSHCHUK, Doctorante en Littérature comparée sous la direction
de Delphine Rumeau, Labo Litt&Art, Université Grenoble Alpes.
Animation : Guy Raoul KONAN
Technique : Louis Hoos-Cauvin