Dans cet épisode, Camille Zimmermann, doctorante en philosophie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et en cotutelle en arts de la scène (danse) à l’Université Grenoble Alpes (UGA), propose d’aller à la rencontre de nos corporéités et ce qu’elles nous révèlent au sujet d’injustices que nous vivons sans forcément avoir de mots pour décrire ces injustices. La corporéité désigne l’ensemble des sensations que nous percevons et qui émergent en dialogue avec la situation physique et sociale dans laquelle nous nous trouvons. Par exemple dans Apprendre à transgresser, l’éducation comme pratique de la liberté (1994), bell hooks témoigne de son vécu d’étudiante racisée, qui s’avère être très différent d’étudiant·es blanc·hes, puisqu’elle expérimente beaucoup plus d’inconforts et d’insécurités. hooks tiendra compte de ce vécu corporel lorsqu’elle s’adressera plus tard à ses étudiant·es. En s’inspirant de hooks, nous réfléchirons aux liens possibles entre la corporéité et les restrictions injustes de participation à l’échange de connaissances (injustices épistémiques (Catala 2025)). Nous verrons comment des outils issus de la danse (Laban 1966, Schiller 2008) aident à mieux comprendre certaines de ces injustices éprouvées à travers nos corporéités.