Tarot de la Cité
Tarot de la Cité
La Cité des Interdits avec Thierry de la Cité ! Direct à 14h
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nous partons enquêter avec Thierry

bonne écoute !!!

les cartes en podcast après l’émission

les musiques :

kiwi flambeurs : kiwi flambeurs

Spear hit : qu’est-ce qui t’empêche ?

Un paradis quelque part de Linda Lemay.

le Portrait par Alain :

Portrait de ThierryAu début, Thierry parle en technicien du visible. Avec une précision presque chirurgicale, malgré les yeux qui peinent. Il décrit les trois pointes du chapeau-bol, les languettes d’enfant qui pourraient être des bras, les pinces, les ailes qui montent et descendent, les triangles bleu marine — l’un vers le haut, l’autre vers le bas. Sa voix est calme, posée, légèrement voilée par la conscience de ses limites visuelles. Il vient de casser ses lunettes. L’opticien l’a rappelé. La réalité, même elle, lui joue des tours ironiques au moment où il s’apprête à plonger dans l’irréel.Puis le jeu avance, et Thierry se transforme sous nos yeux.Ce n’est pas l’auteur des cartes, mais celui qui les révèle. Il devient le passeur, l’œil intermédiaire. Il voit l’abeille qui rentre avec sa pile dorsale, le cosmonaute dans la ruche-orange, les figures masquées aux triangles inversés, les jambes qui gardent encore la mémoire des pattes d’abeilles. Il relie les images entre elles avec une fluidité naturelle, comme s’il découvrait en direct le fil secret qui les traverse.Dans cette séance, il incarne précisément l’utopie de l’irréalité : non pas en créant les non-lieux, mais en les faisant advenir par le regard. Il accueille les cartes, les habite de sa parole, et les laisse flotter dans le vide interprétatif où elles deviennent moteur de récit et de réflexion collective.Plus le jeu avance, plus son humilité apparaît avec force. Quand on lui demande ce qu’il pense du récit qui se dessine, il répond d’abord sobrement : « Rien. » Il ne s’approprie pas les images. Il les traverse, les nomme, les relie, sans jamais imposer un sens définitif. Quand on lui propose une lecture forte (« l’idéal de l’irréalité »), il acquiesce simplement : « Ça va. »À la fin, quand le temps presse, c’est encore lui qui choisit la musique — presque par hasard, dit-il, mais avec la certitude immédiate que c’était la bonne. Un morceau trouvé, reconnu, adopté. Comme sa façon de voir.Thierry n’est pas un prophète de l’irréel. Il en est un narrateur discret, un découvreur attentif. Un homme dont le regard, même fragilisé, perçoit les glissements, les mutations et les vides fertiles. Un créateur de sens par le seul acte de regarder et de dire ce qu’il voit.C’est peut-être cela, son plus beau portrait : celui qui, en assumant pleinement l’irréalité des figures devant lui, nous aide à mieux traverser la nôtre.