Le mardi 30 juin nous accueillons Stéphanie, pour notre dernière enquête de la saison vers l’utopie !
Avec,
Alain, auteur du jeu et de l’illustration des cartes
Bastien à la technique
et moi !
Les cartes :





Le portrait post émission,
///Alain a-t-il osé ? ^^
Bonne écoute pour le podcast,
et bonne lecture ci-après :
Le portrait :
Stéphanie est sur la piste du cirque.
La lumière nous a fait découvrir assise à l’indienne.
Son nez rouge, elle le porte sur le front comme le troisième œil.
S’adressant aux spectateurs
La clown Stéphanie sort la grande carte japonaise du tarot de la cité
Elle la pose par terre avec précaution.
puis s’agenouille devant elle et essaie de prendre la position de la femme masquée.
Son corps se raidit immédiatement, devient dans la géométrie de celle qu’elle observe.
Elle prend son nez rouge et le met sur son nez.
Je vais essayer de devenir celle-là.
Pas vous la raconter.
Devenir Elle !
Elle force sa posture.
Ses genoux craquent.
Elle pose les mains sur ses jambes pour les ouvrir davantage.
Elle s’adresse directement aux spectateurs.
Regardez.
Je suis offerte.
Le corps face à vous, cuisses ouvertes.
Mais… il n’y a rien à prendre.
C’est lisse.
C’est dessiné.
C’est comme si on avait oublié de mettre la vie dedans.
Offerte…
mais pas offerte.
Elle reste dans la posture. Sa voix baisse. Elle continue de s’adresser aux spectateurs.
Et le masque…
Masquée.
De quoi ? Pour qui ?
Pour vous ?
Pour ne pas avoir à sentir ce qui se passe vraiment ?
Elle tire sur un masque imaginaire. Ça résiste. Bruit sec. et s’arrête
Lui…
Son torse est un paysage japonais
de montagnes en poésie.
Et autour de la taille… une cartouchière. Ou une épée.
On ne sait plus.
Il n’est pas content.
Mais ce n’est pas de la méchanceté.
C’est juste qu’il est dans son rôle de guerrier.
Il porte la beauté sur le torse… et il a les moyens de faire mal.
Long silence.
Stéphanie porte son regard vers le bas de la carte sur la grande tache noire.
Elle s’adresse de aux spectateurs.
Être…
ou ne pas être…
pour devenir…
Elle touche son nez rouge du bout du doigt, le fait tourner légèrement de travers. Un petit sourire amusé.
Son corps commence à bouger très doucement : comme si elle grandissait par à-coups.
Mouvement lent, bras qui s’écartent puis se replient.
…avec le nez en l’air pours’amuser un peu d’elle-même.
Elle continue ce petit mouvement de procession intérieure, très léger. On dirait qu’elle passe par les quatre stades de l’insecte. Puis elle s’arrête net, comme si la carte avait été retournée. Elle retombe un peu en elle-même. Mais le nez reste en l’air. Elle rit une fois, très bref, très doux.
Dans un sens je monte.
Dans l’autre je tombe.
Et quand on retourne la carte…
je suis prise dans un cercle blanc de microscope.
Elle regarde ses mains, les ouvre lentement… s’adresse aux spectateurs avec une vraie légèreté.
Mais avec le nez en l’air…
c’est pas si grave.
On peut quand même… se butiner soi-même,
un peu.
Elle se lève et va à la rencontre de son être.
Elle rêve, assise, dos à l’hêtre, nez légèrement levé, regard tranquille. La carte japonaise est toujours là, visible un peu plus loin, mais elle ne la regarde plus.
Long silence doux.
La suivante carte…
ou on reste un moment comme ça ?
Elle se lève doucement, reprend son petit mouvement de procession intérieure, très léger, comme l’abeille qui grandit par stades. Sans s’en rendre compte, elle avance tout droit, sort progressivement de la piste. Au moment où elle arrive au bord, elle s’arrête net, regarde les spectateurs, un peu surprise.
Ah… !
Elle recule lentement d’un pas, processionnel inverse, un peu gênée, le nez toujours légèrement en l’air, et disparaît.
Depuis ce jour Stéphanie est devenu son utopie d’être