Et nous avons mené encore une fois une enquête, grâce à la lecture de cartes fantasmogoriques.
L’enquête vers l’utopie mène vers l’initiatique… et pourquoi pas ?
Bonne écoute.
Les cartes :





les musiques :
les joueurs : Alain, Bastien, Marc et moi (Florie)
BISOUS
le portrait d’Alain vers l’utopie Initiatique :
Marie et la Petite FilleSur le chemin des cartesDans un temps suspendu entre deux âges, Marie se rencontra elle-même… et eut peur.Elle craignait son enfance comme on craint une forêt trop vivante, trop murmurante. Pourtant, ce jour-là, elle prit la main de l’enfant qu’elle portait encore en elle et toutes deux s’enfoncèrent dans la forêt des cartes.La première clairière flottait dans une lumière dorée et tremblante. Un sage aux plumes de paon tenait un petit livre rouge palpitant. À ses côtés, une silhouette bleue, tuméfiée, ondulait comme une ancienne blessure. C’était la peur bleue — froide, profonde, presque liquide. La peur de l’enfance qui remontait, informe, gonflée, sans visage net.La petite fille s’arrêta net, saisie. Marie sentit son propre cœur se serrer, envahi par cette même peur bleue qui battait en elle. « J’ai peur… », murmura la petite fille. Marie répondit, la voix comme une brume : « Moi aussi. C’est la peur bleue. Mais je suis là. Nous la traversons ensemble. »Plus loin, le bois se fit sépia, doux et douloureux. Une femme aux cheveux de rivière marchait, visage voilé. Près d’elle, un crâne aux orbites laiteuses les fixait. La petite fille voulut disparaître. Marie serra sa main plus fort. « Je t’accompagne dans ma propre peur », souffla-t-elle.Puis la forêt plongea dans une nuit bleue, liquide et scintillante. Une guêpe de lumière volait, un cœur orange battant sur son ventre. Des guêpes plus petites dansaient en spirale. La petite fille rit à travers ses larmes. Et Marie, accompagnant enfin son enfant intérieure, sentit la vieille peur bleue se changer lentement en miel luminescent.Au centre secret du bois, où les racines chantaient des berceuses oubliées, elles trouvèrent une silhouette de papier de lune, sans yeux, sans bouche — une forme en train de naître. C’était elles. Avant. Le Loup les avait dévorées avec tendresse. Ici, Marie aidait l’enfant à renaître, et l’enfant apprenait à Marie à ne plus craindre son propre commencement.Et dans la dernière clairière, où rêve et réel s’embrassaient, apparut l’homme au costume de nuit, grave et sombre. Mais derrière lui dansait un carnaval de guêpes et de fleurs. La petite fille prit la main de Marie. « Tu vois ? Nous n’avons plus besoin d’avoir peur. »C’est alors que Marie, accompagna enfin son enfance des bois.Elle marcha avec elle, non plus devant ou derrière, mais en elle, à travers elle. La peur bleue s’était transformée en eau vive, en gourmandise profonde.Et le chemin initiatique de Marie donna un goût de gourmandise infinie à la vie qui s’imaginait en elle. Une faim sacrée, joyeuse et sensuelle, pour tout ce qui vibre, tout ce qui déraille, tout ce qui ose revivre.De cela, elle ne reviendra plus jamais en arrière dans la peur de vivre.Le Loup marchait désormais à leurs côtés, silencieux et bienveillant, comme un vieux compagnon de songe.Et quand Marie tirait les cartes, la forêt tout entière murmurait :« Entre… N’aie plus peur de ton enfance. Le bois est délicieux quand on le traverse à deux. Même la peur bleue finit par avoir le goût de la vie qui se réconcilie. »