Ce jour :
En compagnie de Marc et Aline, de l’équipe du Ciel, nous partons enquêter vers une utopie certaine…
le tirage à voir de bas en haut





Les musiques :
Something – The Beatles
Joga – bjork
For Emma – bon Iver
Avec :
Alain De Borniol : auteur du jeu et des cartes
Bastien mathis à la Technique
Aline et Marc nos invités !
et le portrait fait par Alain post émission :
A la baguette du ciel
Le sens du monde n’est pas écrit d’avance. Il arrive par surprise, quand on accepte enfin de ne pas savoir quelle sera la prochaine carte du ciel.Au début, il n’y avait que des oreilles. Des auditeurs un peu perdus, attendant devant des pupitres vides. La Grosse Caisse cognait son inquiétude, le Piccolo lançait des trilles de trac et la Contrebasse cherchait une note où poser ses pieds. Le Saxo, lui, rêvassait déjà entre deux notes bleues.Puis le Langage est arrivé, très sérieux, sa baguette à la main. Il voulait tout ranger : mettre les émotions en colonnes et enfermer les peurs dans des mesures bien carrées.Mais le réel ne se laissa pas faire. Il a sorti son jeu : le Tarot de la Cité. À chaque tirage, des figures étranges venaient bousculer la parade. Un loup à chevalière, un violoncelle rose qui fait la sieste, une fée à tête d’alvéole. Sous ces images insolites, le Langage s’épuisait à tout nommer.Les instruments firent des fausses notes. Ils comprirent que la baguette ne servait à rien face au mystère d’un tirage. Ils cessèrent de suivre un chef pour suivre les symboles. Le doute n’était plus une erreur, mais une partition dictée par le hasard des cartes.Le Langage, fatigué de commander, posa sa baguette. Il s’assit par terre et devint musicien parmi les autres. Sous l’œil des figures du Tarot, les dissonances devinrent des couleurs et l’essaim d’abeilles se transforma en une chorale de cuivres joyeusement indisciplinée.C’est ainsi qu’au studio de Radio Campus Grenoble, on a construit une petite utopie de poche : un orchestre sans chef permanent, guidé par les images de la Cité. Chaque carte retournée est une porte ouverte. On ne résout rien, on improvise sur ce que le destin propose.— Passe-moi la carte suivante… je crois que je viens d’entendre un truc. Et l’orchestre, les yeux fixés sur l’image qui surgit, répond dans un même souffle La plus belle partition est celle d’un réel qui n’a jamais été écrit. Il s’invente entre nous, au moment même où l’on se tait.— On t’écoute.
Bonne écoute,
Florie !